ACHAT CD

Michel Corrette (1709-1795)


"Toy qui du pouvoir harmonique,
Veux faire un jour Sentir les merveilleux éffets,
D’une docte et Simple practique
Puise icy les premiers Secrets."

Inscription sur le frontispice de la mÈthode de violon "L’École d’Orphée", (1738)


Michel Corrette (Rouen, 10 avril 1707 - Paris, 21 Janvier 1795) Jeune contemporain de Joseph Bodin de Boismortier, Michel Corette était l’aîné des cinq enfants nés de l’union de Marguerite Vérard et de l’organiste et compositeur Gaspard Corette.

Ayant commencé l’étude de la musique avec son père, ses dons musicaux poussèrent son père Gaspard á déménager sa famille de Rouen à Paris afin que son fils de treize ans puisse bénéficier d’une éducation à la hauteur de son talent. Dès son arrivée à Paris en 1720, le jeune Michel profitera des conseils des compositeurs Jean-François Dandrieu et Louis Marchand. Ayant tenté en vain d’obtenir le poste d’organiste à l’église Sainte-Madeleine-en-la-Cité, Michel Corette subsistera en donnant des leçons de clavecin, de flûte, de violon et même de musette.

Se taillant rapidement une place sur la scène musicale à la fois comme interprète, pédagogue, chef d’orchestre, compositeur et éditeur de musique, il commencera à l’âge de vingt ans à publier sa propre musique. Son úuvre, féconde et inventive, touche à tous les genres de la musique instrumentale à la musique vocale. Cantates, cantatilles, ballets, motets, concertos, noëls pour orgue, sonates pour clavecin et symphonies pour divers instruments composent un catalogue riche et varié. Michel Corette publiera également au cours des années quinze mÈthodes d’apprentissage magnifiquement illustrées pour plusieurs instruments. Si la méthode de 1776 consacrée au hautbois et au basson comprenant ´Ýles plus belles marches militairesݪ ainsi que des tableaux de doigtés est aujourd’hui perdue, les méthodes d’orgue (Premiers Livres d’Orgue,1737), de violon (l’Ècole d’Orphée, 1738), de flûte (1740), de violoncelle (1741), de clavecin (Les Amusements de Parnasse, 1749), de guitare (Les Dons d’Apollon, 1762), de mandoline (1772), de contrebasse (1773), de harpe (1775) et de vièle à roue (1785), parmi d’autres, nous laissent des témoignages précieux sur la pratique instrumentale d’alors. La méthode de violon "l’Ècole d’Orphèe" comprenant même vingt-trois pages d’exemples illustrant les diffÈrences entre les styles italiens et français.

Le 8 Janvier 1733, Michel épouse Marie-Catherine Morize, fille d’un serrurier, union de laquelle naîtra deux enfants. Il semble que ni l’un ni l’autre des deux enfants ne se mariera et ils assisteront leur père dans les diverses tÂches relièes à sa carrière. Pierre-Michel Corette deviendra organiste à son tour, sans toutefois s’essayer à la composition et Marie-Anne vivera quand à elle, comme son père, jusqu’à l’âge très avancé de quatre-vingt-huit ans. Les profits provenant des activités musicales de Michel Corette ainsi que certains investissements immobiliers et commerciaux semblent avoir permis à ses enfants de vivre confortablement des rentes générées par la fortune de leur père.

Ayant obtenu le poste d’organiste à Sainte-Marie-en-la-cité en 1726, il devient en 1737 organiste au Grand Prieur de France, au sein du Temple, fonction qu’il conservera durant cinquante-quatre ans, jusqu’à la fermeture du temple en 1791. Fondé par les templiers au retour des croisades, le prieuré a maintenu aux cours des siècles un intérêt soutenu pour l’excellence de la pratique instrumentale et un orchestre d’instrumentistes virtuoses était engagé pour les services religieux comme pour les réceptions et concerts tenus en son enceinte par les hauts membres de la noblesse. Un portrait a d’ailleurs immortalisé le passage au temple du jeune Mozart et le service funèbre de Christophe Willibald Glück en 1787 s’y est tenu, Corette étant alors toujours aux commandes de la musique du prieuré.

− Nadina Mackie Jackson